10.12.2015 | 14:56

Guerre et Paix : une lecture marathon de 60 heures en Russie (Le Figaro)

À l'heure où la France recherche désespérément un élément d'unité nationale, la Russie semble avoir trouvé le sien. Il ne s'agit pas de Vladimir Poutine, loin de là. Les Russes ont décidé de se réunir derrière un de leurs grands écrivains, Léon Tolstoï. Depuis mardi matin, une lecture de quatre jours des quelque 800 pages de La Guerre et la paix, est retransmise à la télévision nationale et sur Internet.

La lecture commencée mardi matin doit finir vendredi soir.

«Tolstoï rassemble notre pays, pas moins que sa frontière ou sa monnaie nationale», confie ainsi l'arrière petite-fille de l'écrivain, Fekla Tolstaïa. C'est elle qui a décidé de lancer le défi. Il ne s'agit pas d'une lecture fastidieuse sur un podium, devant un parterre endormi qui regarde tourner l'heure. La lecture est originale et dynamique, puisque près de 1.300 personnes se succèdent en différents lieux pour lire deux à trois minutes du texte.

Un jour, un tome

On découvre alors des centaines d'anonymes, mais aussi des comédiens, universitaires, sportifs ou hommes politiques plongés dans l'œuvre de Tolstoï. Ici dans les couloirs d'un palais. Là, dans un musée, livre relié ou feuilles volantes en main. Certains lieux évoqués dans Guerre et Paix apparaissent aussi à l'écran. Un cosmonaute jouera même le jeu depuis sa station spatiale...

Un jour, un tome. La bataille d'Austerlitz, la tuerie de Sébastopol, l'assaut des cosaques sur la Garde impérial au Niémen, les tribulations des princes russes et de leurs familles... Cette formidable histoire de la Russie est narrée en prime time ou à l'heure du goûter. Au choix, elle peut aussi bien mettre les enfants au lit et recoucher les insomniaques.
Alors forcément, on se met à imaginer l'entreprise en France. Sur France Télévision à l'heure du petit-déjeuner, on verrait se succéder Karim Benzema, Jean-Luc Mélenchon et Kad Merad en pleine lecture des Misérables ou du Rouge et le Noir. Un bon exercice pour s'essayer à l'unité nationale, non?